Sémiologie médicale
Le mot désigne en médecine tout autre chose qu'en linguistique, tout en partant de la même racine grecque. La sémiologie médicale est l'étude des signes de la maladie et de la méthode qui permet de les recueillir. Elle constitue la première discipline clinique enseignée, avant toute pathologie, parce qu'aucun diagnostic ne vaut mieux que l'examen qui le fonde.
Signe et symptôme
Le symptôme est ce que le patient rapporte : une douleur, une fatigue, une nausée. Il est subjectif et n'existe que par le récit. Le signe est ce que le médecin constate : une fièvre mesurée, un souffle entendu, une raideur palpée. Il est objectif et reproductible. La distinction paraît scolaire, elle commande pourtant la conduite de l'entretien, car un symptôme mal exploré ne se retrouve pas, alors qu'un signe peut toujours être recherché de nouveau.
Syndrome
Un syndrome est un ensemble de signes et de symptômes qui vont régulièrement ensemble, sans préjuger de leur cause. Le syndrome néphrotique associe protéinurie massive, hypoalbuminémie et oedèmes, quelle que soit la maladie rénale sous-jacente. Le syndrome inflammatoire associe fièvre, altération de l'état général et anomalies biologiques. Raisonner par syndrome permet d'agir avant de connaître l'étiologie, ce qui est souvent la situation réelle.
Examen clinique
La démarche suit un ordre invariable, appris pour ne rien oublier : interrogatoire, inspection, palpation, percussion, auscultation. L'interrogatoire fournit à lui seul la majorité des éléments d'orientation, ce que l'accès facile à l'imagerie fait parfois oublier. La percussion, héritée d'Auenbrugger au dix-huitième siècle, et l'auscultation, née du stéthoscope de Laennec en 1816, restent enseignées parce qu'elles donnent au lit du malade des informations immédiates que l'examen complémentaire ne fournira que plus tard.
Sensibilité et spécificité
Tout signe a une valeur mesurable. Sa sensibilité est sa capacité à être présent quand la maladie l'est ; sa spécificité, sa capacité à être absent quand elle ne l'est pas. Un signe très sensible qui manque écarte le diagnostic, un signe très spécifique qui apparaît le confirme. La valeur prédictive, elle, dépend de la fréquence de la maladie dans la population examinée, ce qui explique qu'un même signe n'ait pas le même poids aux urgences et en médecine générale.
Sémiologie et technique
L'imagerie et la biologie n'ont pas rendu l'examen clinique inutile, elles en ont déplacé la fonction. Il ne s'agit plus d'établir seul le diagnostic mais de formuler l'hypothèse qui justifie l'examen complémentaire, et d'en interpréter le résultat. Un scanner demandé sans hypothèse produit des découvertes fortuites qu'il faudra explorer à leur tour, cascade coûteuse et parfois nuisible que seule une clinique rigoureuse permet d'éviter.